L'Homme est pris dans une guerre qu'il ne peut voir, qu'il ne pourrait comprendre, et à laquelle il ne saurait prendre part.
 
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 Boum Boum

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Souny Durocher

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MessageSujet: Boum Boum   Jeu 3 Juin - 0:36

« Même pas un message, même pas un mot. Salopard. »

La jeune fille vérifie la messagerie vide de son téléphone portable, bougonne un peu, légèrement, beaucoup, et le fourre rageusement dans la poche de son coat de cuir. L’une des joueuses de l’équipe de rugby lui a annoncé, pas plus tard qu’hier, qu’elle aurait croisé Alec Bernache dans un bar miteux, deux pitounes guère vêtues pendues à ses bras. Souny Durocher, le découvrant, s’est mise à fixer intensément son portable dans l’espoir que ce dernier sonnerait. Malheureusement, les seuls appels ont été des clients qui s’informaient sur l’avancement de leur commande.

« Évidemment, faut pas demander trop à un mec. Le peu de matière grise qu’ils ont dévie vers le bout du gland et ce qui reste ne survit pas bien longtemps au déluge du foutre masculin. »

Trois ans d’amour et pouf! Il disparaît. Ingrat. Vicieux. Salope!

« Y mérite que je le castre, pis que je lui fais bouffer sa sale bite de mes deux! »

Ou mieux, tu pourrais bouffer sa bite devant ses yeux révulsés. Cependant, prends garde à bien cuire la viande, il ne faudrait pas que tu attrapes une sale dégueulasserie après avoir accompli ta juste et ignoble vengeance. Tu hausses les épaules. Cette situation t’épuise et tu commences à la gerber par tous les pores de ta peau.

« Si je tombe sur lui, je le zigouille. Ah, tiens, ce tissu est vraiment agréable. »

Comme tu peux te changer rapidement les idées, toi. Dès qu’un sujet délicat t’effleure de trop près, tu t’éloignes d’un bond prodigieux. Alec Bernache est déjà loin dans ta tête que tu poses des questions précises à la vendeuse. Le type de tissu, sa résistance, sa texture, sa couleur, la compagnie qui l’a produit. Puis, tu décides de sélectionner trois rouleaux - l’un bourgogne à motif floral, l’autre bleu foncé lustré et le dernier noir avec des ornements dorés. La vendeuse te propose de te les envoyer, ce que tu acceptes avec gratitude. On te connaît ici.

« J’espère, j’viens toujours me fournir dans le coin. Il faut que je conçoive deux nouvelles robes de mariée, un corsage victorien pour une amie, et idéalement quelques nouvelles jupes pour remplir ma garde-robe. »

Idéalement. Ton horaire n’est pourtant pas aussi allégé que tu aimerais qu’il soit. 30 heures semaine au restaurant, minimum 40 heures pour ton entreprise privée de couture et plusieurs entrainements de boxe et de rugby quelque part dans la semaine. C’est encore étonnant que tu parviennes à garder une vie sociale active.

« Bon, maintenant, faut faire l’épicerie et après… dessiner la robe de mariée… »

Une fois la transaction terminée, Souny s’empresse de sortir de la boutique. À l’extérieur, elle bouscule quelques passants et avance, sur le boulevard Hassman, d’une démarche chaloupée. Il y a une foule monstre sur les trottoirs, ce qui l’hérisse et l’encourage à croasser de mécontentement… jusqu’à ce qu’elle frappe durement… quelque chose.

-Oh là! Fais un peu plus attention, t’as failli me déboîter l’épaule.

Effectivement son épaule est curieusement endolorie, pourtant le choc n’a pas été aussi brutal. L’individu responsable de sa douleur se tient plié en deux, une main pressée contre son cœur.

« Wa… ça sort d’où cette bestiole? De la Renaissance? »

Tu n’es probablement pas la seule à te poser cette question. Tous les autres piétons jettent des coups d’œil curieux, furtifs, en direction de l’étrange personnage tout de noir vêtu. Tu remarques le haut-de-forme chic que l’homme a sur la tête, sa chevelure noire et soyeuse qui dissimule son visage, ses vêtements riches et nobles, un look un peu ancien sans l’être trop. Tu sais pas pourquoi le type demeure courbé, ça t’intrigue mais d’un autre côté…

« Chacun sa merde. »

Comme tu dis. Pourtant, tu avances de quelques pas… timides, tu le contournes, tu regardes les alentours puis, découragée, tu soupires et tu te penches. Ce que tu vois se résume à un long nez blanc, un front beaucoup trop long et tout aussi pâle, des joues inexistantes et cireuses, une bouche pulpeuse et bourgogne qui semble respirer avec difficulté.

-Euh… Monsieur?

L’interpellé ne réagit pas, ou à peine. Sa main, crispée contre son cœur, se fige, tremble un peu, mais se ressaisit. Et là, un vent de panique te submerge.

« Yé pas en train de m’faire un malaise cardiaque, là, hein?! »

-Est-ce que… est-ce que tout va bien?

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Raquel
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MessageSujet: Re: Boum Boum   Ven 4 Juin - 14:51

Marilyn Manson - Putting Holes in Happiness

    Je ne suis pas encore passé au manoir depuis mon retour à Paris. J’ai rencontré quelques personnes pour l’organisation de l’exposition que j’ai programmée pour dans quelques jours. Rien de bien intéressant. Des séances de politesses échangées autour d’une table basse et d’une tasse de thé à laquelle je n’ai pas touchée. Je déteste les aliments chauds. Et je n’aime pas le thé. Je trouve cela anormalement sec pour un liquide. Le propriétaire du musée avec lequel je fais affaire, qui s’occupera d’aménager les salles était d’un ennui mortel. Mais cette rencontre était nécessaire pour que tout se passe dans les règles de l’air. Échanger des politesses n’est pas ma tasse de thé, beaucoup l’auront deviné. J’aime les situations qui permettent de se passer d’introductions, de préalables, de préliminaires. Malheureusement, j’ai du rencontrer cette vieille antiquité en cravate trois fois dans l’espace d’une semaine. C’était la dernière fois ce matin, enfin je l’espère. Il y a tout à parier qu’il me recontactera pour savoir à quel moment je voudrai que l’on passe chercher mes œuvres et les antiquités amassées au fil des générations inexistantes de ma famille renommée. Il m’a offert maintes fois de dépêcher lui-même des camions jusqu’à mon manoir. J’ai aussi refusé maintes fois. Je n’aime pas que l’ont touche à mes affaires. Ce seront mes serviteurs qui s’occuperont du transport. En d’autres termes; moi et moi seul. J’ai signalé ma présence à Nathanial hier soir. Qu’il se prépare, qu’il soit prêt à me recevoir. Pas seulement lui, mais Fran aussi, et le manoir. J’aime qu’à mon arrivée, tout soit exactement comme au jour de mon départ, comme si je ne l’avais jamais quitté, même après cette absence de plus huit mois. C’est pourquoi j’ai fait parvenir une lettre à ma secrétaire, hier au matin. Je sais que dans mon antre, depuis hier, tous s’activent. Ce qui était inerte depuis des mois a repris vie. Dans quelques heures, tout devrait être fin prêt à m’accueillir. Je déambule dans les rues dans l’attente. Dans l’attente de la certitude que mon foyer sera dans un état convenable quand je me déciderai à y aller. Je ne porte que peu d’attention à ce qui se déroule autour de moi, à ce décor que j’ai vu un nombre incalculable de fois. Les piétons m’évitent soigneusement. Les choses n’ont pas changées depuis mon départ; on me traite toujours de la même manière. Mais peu importe la région du monde où je me trouve, j’ai toujours au même genre de réaction. Il faut dire que je ne me laisse pas fondre dans la masse, dans cet amas de chairs toutes semblables les unes aux autres. Je ne … Je m’arrête soudainement, porte la main à ma poitrine et crispe les doigts sur l’étoffe de mon pardessus. Je l’ai sentie. Une détonation douloureuse. Il me semble impossible que les passants ne l’aient pas aussi entendus et pourtant ils sont là, autour de moi et continuent de circuler comme si tout était normal. Même qu’une femme me heurte de plein fouet. Une deuxième détonation retentit. Tout mon corps la ressent, elle résonne dans toutes les veines de mon organisme. Un souffle d’air glacé pénètre mes poumons. Ce souffle est le premier que je goûte depuis bientôt 400 années. Une troisième détonation, suivie par d’autres, de plus en plus rapprochées. Je baisse la tête. Je suis forcé de me penché, une main en appui sur un genou, l’autre sur le cœur. Ce cœur poussiéreux qui s’est soudainement mis à battre. Pourquoi ? Je ne comprends pas.


    -Euh… Monsieur? Est-ce que… est-ce que tout va bien?

    Je grince des dents, plié en deux par la douleur et l’incompréhension. Je sens le sang circuler dans mes veines à un rythme nouveau, de plus en plus régulier. Mais cette pulsation me vrille toujours la poitrine de façon douloureuse. Je ne me donne même pas la peine de hocher la tête pour répondre à cette femme qui s’est penchée près de moi, qui est cachée par mes cheveux devant mon regard. Je secoue la tête, essaie de me redresser. Et je vous voie. Vous. C’est impossible. Je reste hagard le temps d’une seconde, jusqu’à ce qu’un battement particulièrement violent ne me fasse sursauter et bondir en arrière, m’éloignant de vous. Non …

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Souny Durocher

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MessageSujet: Re: Boum Boum   Ven 11 Juin - 0:04

« Il me regarde comme si j’avais une paire de totons dans le front et un pénis à place du nez. »

Non, rassure-toi, ton visage ne comporte aucune imperfection de ce genre, seulement un maquillage provoquant et un air perplexe plutôt amusant. Remarque, le tien n’a rien de bien extravagant comparativement à celui de cet étranger dont le teint est cireux, le contour des yeux barbouillé de noir, les lèvres outrageusement énormes et peintes d’un bourgogne saisissant. L’élément le plus important, je crois, qui figure dans cette physionomie douteuse est sans nul doute ces deux prunelles de couleur et de forme différentes, produisant un effet plutôt intimidant chez l’intéressé.

« Ouais, oublie pas de parler de sa laideur repoussante et de sa maigreur à faire peur. Y sort d’un camp de concentration ou quoi là? Même un juif est plus gros que lui. »

Tu es dure, extrêmement dure. L’homme est laid, c’est vrai, si l’on respecte tes critères de beauté. Il n’est ni blond, ni charmant, ni musclé. Il est grand, affreusement grand, curieusement sombre, horriblement pâle dans ses vêtements noirs, terriblement rachitique. Toutefois, son apparence ne devrait te préoccuper outre mesure puisque qu’il semble… du moins tu le soupçonnes d’avoir une sorte de crise.

« Il aurait déjà claqué si c’était le cas, nah? »

Souny, dévisageant intensément l’individu, qui la dévisage tout aussi intensément, lui trouve un air familier. Cependant, qui aurait, à part Marilyn Manson, une tête aussi pitoyable? Souny, pour toute réponse, hausse les épaules et se gratte le crâne, songeuse. Ses doigts découvrent une malencontreuse plume qu’ils arrachent avec une vigueur cruelle, faisant croasser méchamment la jeune fille. Celle-ci, embarrassée, s’empresse de rejeter la plume, sans aucune discrétion. Le type la regarde toujours tout en pressant sa main contre sa poitrine.

-Euh… on se connaît? Fait Souny, tout à coup intimidée.

L’autre, muet, se contente de crisper ses doigts sur son manteau. Souny, sérieusement, ce n’est vraiment pas le moment de commencer une conversation soi-disant civilisée. Call donc une ambulance, des spécialistes qui s’occuperont adéquatement de ce pauvre malheureux. Tu as déjà assez d’emmerdes pour tes dix-sept prochaines réincarnations, alors ne t’encombre pas d’un mort.

« Ouais ben… il a l’air d’aller un peu mieux… »

Tout à coup, tu t’approches du pauvre type et lui prends délicatement les épaules, de façon à le pousser vers un banc déjà assailli par un SDF malodorant qui s’enfuit après un coup d’œil en direction de ton nouveau compagnon. Tu ignores si tu hallucines, mais tu entends une sorte de… boum dont la provenance demeure un mystère. Tu regardes à droite, à gauche, derrière toi, à droite encore, une nouvelle fois à gauche… Rien… Boum Boum.

« C’est peut-être la terre qui pète.Ou lui. »

Souny, voyons, un peu de sérieux. Non, tends l’oreille. C’est proche. Boum Boum. Tu inclines la tête vers le bruit… qui résonne dans le torse de l’inconnu. En passant, il t’observe toujours.

-Eh merde, c’est quoi ça?

Légèrement paniquée, tu poses ta main sur la poitrine de l’homme… ce qui déclenche quelques détonations particulièrement violentes chez la victime et l’empêche de respirer convenablement. Il se fige, se courbe, émet des sons inquiétants. Tu t’éloignes de quelques pas, de plus en plus alarmée, de plus en plus confuse.

-Écoute, vieux, j’pense que je vais caller les urgences, c’pas normal un cœur qui fait des acrobaties d’même.

Il se redresse, essaie de parler sans succès, tu penses qu’il secoue la tête comme pour te dissuader de faire une telle connerie, mais tu ne le vois pas, tu as déjà les yeux rivés sur ton cellulaire, composant le numéro d’urgence. La voix qui te répond est monotone, blasée de la vie, elle te pose des questions sur l’individu : s’il est conscient, s’il souffre, on lui demande l’endroit où ils se trouvent. Une ambulance ne devrait pas tarder. Allongez-le, déposez sous sa tête un vêtement faisant office d’oreiller.

-Ouais… bon… à nous deux cowboy.

Tu te craques les jointures, ce qui le fait tiquer. Et ça te fait sourire. Tu enlèves ton coat, révélant au bonhomme et aux passants un corsage compliqué qui écrase tes boobs et les remonte ben comme du monde. Le grand maigre gothique dévisage ta poitrine et devient encore plus blanc qu’il ne l’est. Tu le forces à se coucher, puis tu glisses ta veste pliée sous sa tête.

-Ouais bon… j’espère que t’es confo parce que je peux rien faire de mieux. T’sais, t’as pas pris le bon moment pour me faire une crise du cœur.

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Raquel
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MessageSujet: Re: Boum Boum   Ven 11 Juin - 9:06

Marilyn Manson - They Said that Hell's not Hot

    Je dois être en train de rêver. Je dois m’être assoupi quelque part et je dois dormir. Mais je ne dors jamais. Je ne me sens jamais assez en sécurité pour m’endormir. Je n’aime pas dormir. Je ne voudrais pas me coucher et ne jamais me relever. Alors comment ce cauchemar peut-il être possible, si je ne dors pas ? Mes paupières tressaillent. Je dois être pris d’hallucinations. Une trop grande fatigue, sans doute. Ou alors je suis devenu fou. Ashael a lancé sur moi une malédiction digne de cette bonne Marguerite. Je me mets soudain à détester ce personnage qui fut l’un de mes favoris dans la littérature, avec ses répliques cinglantes et ses tempêtes de malédictions et de promesses mauvaises. Je me prends à détester Shakespeare, Richard III, puis l’ensemble de ses œuvres. L’ensemble du théâtre. Je n’aime plus l’art. Ça y est, c’est terminé. Je regarde le ciel au-dessus de ma tête. J’essaie de ne pas regarder dans votre direction, car votre vue ne peut être réelle. Vous ne pouvez tout simplement pas être là. Il m’arrive de rêver à vous, lorsqu’il m’arrive de m’assoupir. Je dois seulement subir un rêve éveillé. Ça ne peut être réel. Je me suis étendu sur ce banc moi-même, tout seul, pour regarder le ciel. Voilà de quoi je dois me convaincre. Personne ne m’a parlé. Vous ne m’avez pas parlé. Mon cœur est parfaitement silencieux et je suis en parfait état. Le ciel est magnifique. Un peu nuageux, mais quel intérêt y aurait-il à contempler un ciel complètement bleu, je me le demande. Mon regard vous attrape au coin. Je me force à fermer les yeux pour ne pas voir cette peau découverte que vous m’offrez comme un poison. Je vous hais. Je vous hais. Oh si vous saviez comme je vous hais. Le ciel est magnifique. Ces nuages sont très vaporeux. Il ne m’arrive rien de fâcheux. Mon cœur est silencieux. Vous ne m’avez pas forcé à m’étendre. Vous n’avez pas appelé de secours et ce n’est pas une ambulance que j’entends venir par ici. Ça n’est pas une ambulance que je vois tourner au coin de cette rue et ça n’est surtout pas une ambulance qui s’arrête juste devant nous et qui crache sur le trottoir un duo d’ambulanciers motivés. Ils ne se dirigent pas vers moi avec des mines alarmées. Ne vous en faites pas. Si c’était une crise cardiaque, j’aurais eu le temps de mourir trois fois avant votre arrivée. Je soupire. Ils me tâtent, prennent mon pouls. J’ai beau leur dire que je vais bien, ce damné cœur et vos commentaires ne font que les encourager à m’examiner plus à fond. Et que fais-je ? Je pourrais les tuer. Mais les battements effrénés de mon cœur m’empêchent de me concentrer suffisamment. Et je ne veux pas poser mon regard sur vous. Vous me dégoutez. Vous devriez être morte. Vous devriez avoir terminé de pourrir, emmurée dans votre prison de pierres. Vous pourriez être n’importe où. Vous ne devriez être nulle part. Alors pourquoi ici, aujourd’hui ? Je serre les dents. Vous n’êtes rien. Vous êtes poussière. Vous êtes … de chair et d’os et vous montez dans l’ambulance à la suite de la civière sur laquelle ils m’ont posé malgré que je me débattais et maugréais.

    -Qu’est-ce qu’elle fait là ? que je grommelle.

    -Eh bien c’est à elle que vous devez la vie, monsieur. Elle a le droit de venir.

    -Mais elle n’en a rien à faire, de moi. Je ne la connais pas. Elle m’a même dit qu’elle n’avait pas le temps de ….

    -Calmez-vous, monsieur. Couchez-vous et ne vous agitez pas trop. Votre cœur est dans un état catastrophique. Puis-je vous poser quelques questions sur vos habitudes de vie ?

    -Est-ce que j’ai l’air en difficulté ?

    -Vous êtes effondré, monsieur. Votre cœur est …

    -Est-ce que j’ai l’air en difficulté ? Est-ce que je vous parlerais ainsi si j’étais occupé à mourir ? Non, je ne crois pas. Je ne fais pas de crise cardiaque.

    L’ambulancier soupire et tourne la tête vers vous. Vous lui dîtes de ne pas vous regarder comme ça, qu’à vous, je n’ai même pas daigné dire « aïe ». Comme si Raquel de Brackenheim avait une tête à dire « aïe ». Je vous en ferai, un « aïe ».

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MessageSujet: Re: Boum Boum   Ven 2 Juil - 14:30

« Sale caractère de pioche. »

En effet, cet individu est d’une telle humeur massacrante. Il grince, il bougonne, il rouspète, il se borne à un silence tendu devant les questions pressantes et nombreuses de ces ambulanciers. La jeune fille, un brin exaspérée, se contentait de le foudroyer d’un regard noir, mais heureusement pour le malade, ce dernier regardait obstinément le plafond de la camionnette.

Souny Durocher constate alors que l’homme en noir est particulièrement laid, non pas qu’elle l’ait ignoré jusqu’à maintenant… disons qu’elle était occupée à lui sauver la vie voilà tout. Seulement, elle se dit que… peut-être… la mort lui aurait enlevé des années de misère et de noirceur. Pourtant…

« J’ai l’impression d’avoir déjà vu sa tronche… »

Il n’a pas un visage commun, ni même une apparence que l’on oublie. Un visage cadavérique et squelettique, de petits yeux troubles aux teintes folles, un nez long et étroit, une bouche démesurée – large, pulpeuse et écarlate -. Sa voix est un murmure rauque, possédant une tonalité profonde, grave, le type de voix qui demeure enfoui dans notre mémoire. Cette voix aussi, Souny croyait la connaître. L’attention de Souny dévira alors en direction des longues mains arachnéennes du patient, des mains longues et effilées, blanches, munies d’ongles longs et tranchants. Les doigts s’agitent sans cesse, toujours remuant. Ces mains aussi, elle avait le sentiment de les connaître. Pourtant…

« J’ai jamais vu ce diable de ma vie. »

-Votre cœur est dans un sale état, monsieur. Nous allons devoir procéder à quelques examens une fois rendus à l’hôpital afin de vérifier que votre vie n’est pas en danger. Pour l’instant, vous semblez bien… mais sait-on jamais quand une prochaine crise vous secouera. Mademoiselle ne sera pas toujours là pour vous aider.

« D’ailleurs, aucune autre mademoiselle ne voudrait l’aider… »


L’ambulancier adresse alors à Souny un charmant, très séduisant sourire. Ses prunelles obliquent vers le décolleté impressionnant de l’hybride où ses seins paraissent près à surgir à tout moment. Évidemment, Souny n’est pas un top modèle, ni même la beauté idéale de la femme blonde et sexy que l’on retrouve actuellement dans toute société moderne, mais toute femme, d’ordinaire, a un charme irrésistible. Et Souny, qu’elle le croit ou non, avait un charme tout à fait envoûtant. Alors, l’ambulancier lui souriait, peut-être l’invitera-t-il après toute cette histoire. Une agréable soirée avec un homme, ce ne serait pas de refus.

-Monsieur, puisque vous êtes conscient… peut-être pouvez-vous nous remettre le nom et le numéro de téléphone d’une personne proche de vous… quelqu’un qui pourrait venir vous rejoindre à l’hôpital… et ainsi prendre le relais de la jeune fille.

« C’est une façon subtile de dire : et comme ça, je pourrais guider la coquine dans un coin sombre et m’occuper de mon érection. »

Le blessé, du moins le malade, jette un coup d’œil venimeux à l’ambulancier. A-t-il compris le sous-entendu ou bien est-il tout simplement… agacé de cette mésaventure. Souny ne saurait le dire. La jeune fille, intriguée, confuse, se tapote la lèvre inférieure avant de se rapprocher de l’homme en noir qui, visiblement, évite de la regarder avec un entêtement acharné.

-Dites… on se connait pas?

Les yeux pâles de l’inconnu la dévisagent alors, et Souny fronce les sourcils. Peut-être que s’il se débarrassait de ses verres de contact à la Marilyn Manson, elle pourrait le replacer… Pourtant…

« J’suis pas mal sûre de ne l’avoir jamais croisé… »

-Hum… finalement, oublie… T’es pas le genre de mec qu’on oublie, j’suppose.

Non, effectivement. Et Souny Durocher était loin de s’imaginer que cette rencontre fortuite, quelque peu déplaisante, n’était pas le fruit du hasard… Qu’une main malfaisante s’amusait à disposer les pions de manière calculée, précise afin de contempler l’aboutissement spectaculaire d’une série d’évènements dans lesquels ni elle, ni lui, ni les autres n’auraient guère de pouvoir, si peu d’emprise.

Tout ce qu’elle savait pour l’instant, le regard rivé vers le sosie de Manson, c’était qu’elle était en retard dans son horaire de la journée, que ce drôle avait eu une curieuse idée d’avoir des problèmes cardiaques aujourd’hui même, que de secourir un air bête dans ce genre-là… c’était la dernière fois de sa vie et que… probablement, elle se ferait un ambulancier avant la fin de l’après-midi… Mince consolation, en vérité.

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MessageSujet: Re: Boum Boum   Dim 18 Juil - 16:49

    -Votre cœur est dans un sale état, monsieur. Nous allons devoir procéder à quelques examens une fois rendus à l’hôpital afin de vérifier que votre vie n’est pas en danger. Pour l’instant, vous semblez bien… mais sait-on jamais quand une prochaine crise vous secouera. Mademoiselle ne sera pas toujours là pour vous aider. Monsieur, puisque vous êtes conscient… peut-être pouvez-vous nous remettre le nom et le numéro de téléphone d’une personne proche de vous… quelqu’un qui pourrait venir vous rejoindre à l’hôpital… et ainsi prendre le relais de la jeune fille.

    Mes plaintes ne serviront visiblement à rien. Cet ambulancier fait son travail comme il doit le faire, à l’exception des regards plein de sous-entendus qu’il lance en direction de la jeune fille, que je préfèrerais voir ailleurs. Je n’arrive pas à comprendre ce que vous faites là, ni même quel genre de jeu vous êtes en train de me jouer. Je n’ai pas envie de subir une situation comme celle-ci. Les choses pourraient être si simples. Je pourrais tout simplement provoquer la mort subite du chauffeur, ce qui causerait un accident de la route puisqu’aux bruits de la circulation qui me parviennent, nous sommes sur un boulevard très passant. Quelques gens mourraient. Probablement que vous mourriez, très chère. Ce qui serait un plus. Et cet imbécile d’ambulancier qui bave devant vos atouts. Mes doigts me démangent. Je meurs d’envie d’influencer le cours des évènements. Mais je me suis lassé de créer des hécatombes parmi des groupes de mortels, de façon aussi visible. L’accident serait repassé sur les chaînes de télé et on parlerait du mystérieux patient disparu de l’ambulance. Je grommelle. Quand il est question des humains, je fais très attention à ma visibilité. Vouloir leur en mettre plein la vue, c’est un truc d’anges, de vrais. Je ne suis pas un véritable ange. Je n’ai donc pas les mêmes passe-temps qu’eux. Non. Je ne causerai pas d’accident de la route. Je vais me taire jusqu’à l’hopital, on me fera descendre de cette maudite civière et ils n’auront pas le choix, à un moment ou à un autre, de constater que je n’ai rien et que je suis plus qu’en état de rentrer chez moi. Je soupire. Appeler quelqu’un … Ai-je réellement envie que quelqu’un vienne me voir dans cette situation fâcheuse ? Non. Cette histoire provoquerait les gloussements de Fran et les éclats de rire camouflés en toux rauques de Nathanial.

    -Non, personne, je dis.

    -Dites… on se connait pas?

    J’arque un sourcil mais évite de vous regarder. Cette vision de vous me tue. Dans cette tenue vous me semblez grossière. Très loin de ce que vous devriez être. Ce ne peut être vous, et pourtant … Je ferme les yeux un instant. L’infirmier décide de m’attraper le poignet pour prendre mon pouls, qui s’est calmé. Il semble perplexe. Je finis par tourner les yeux vers vous, pensant que je peux vous regarder sans que cet organe qui prend la poussière depuis notre dernière rencontre ne s’emballe à nouveau. Mais je me trompe. Sitôt vos yeux sombres sont plongés dans les miens que les battements désagréables s’accélèrent. Un coup d’œil fugace à l’ambulancier me fait comprendre qu’il est de plus en plus perplexe. Il se gratte la tête en dévisageant mon bras et ma poitrine tour à tour.


    -Hum… finalement, oublie… T’es pas le genre de mec qu’on oublie, j’suppose.

    -À quoi jouez-vous ? je ne peux m’empêcher de demander à voix haute.

    Si je n’avais pas l’air tout à fait agacé tout à l’heure, maintenant il n’y a tout simplement plus le moindre doute possible. Je suis furieux. Furieux que vous viviez, furieux que vous ayez le culot de me regarder et de faire comme si vous ne me reconnaissiez pas. Un visage qu’on n’oublie pas, en effet. Vous vous rappelez assurément. Vous ne pouvez pas avoir oublié tout ce que vous m’avez fait, ni non plus ce que je vous ai moi-même fait subir. Non. Ce ne peut pas être vous. Tout simplement pas. Ça défierait les lois de la nature. Mais ne suis-je pas moi-même un être défiant les lois de la nature ? Je ne suis pas ce que je devrais être et je devrais aussi être mort. Mais les choses ne se passent pas toujours comme on le prévoit.

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Souny Durocher

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MessageSujet: Re: Boum Boum   Sam 24 Juil - 22:34

-À quoi jouez-vous ?

« Il parle de quoi, là, exactement? »

Souny, un sourcil arqué, la mine soucieuse, se contenta de dévisager longuement son interlocuteur. L’épouvantail – ce qu’il semble être avec cet accoutrement sorti tout droit d’une autre époque, de cette apparence maigrelette et maladive et de ce regard terrible et laid – visait-il les propos louches de l’ambulancier avec lesquels Souny jonglait, amusée? Elle ne saurait le dire, pourtant… quelque chose en elle, quelque chose d’incroyablement désagréable lui suggéra cette hypothèse farfelue comme quoi l’inconnu parlait d’autre chose.

« Je pourrais tout simplement laisser tomber et patienter jusqu’à ce qu’on arrive à l’hôpital, une fois là-bas… je m’assure qu’il est sous bonnes mains et je déguerpis rapidement. Je pourrais... »

Cependant, Souny ne suivait jamais ses instincts. Ceux-ci lui soufflaient de s’effacer, de disparaître. Une palpitation angoissée naissait dans sa poitrine et chaque battement lui arrachait de douloureux frissons. Sans doute parce qu’elle sera en retard dans son horaire. Et voilà une autre nuit à ne pas dormir, se plaignit silencieusement la jeune fille. Elle retint de justesse un croassement énervé et se vengea sur une malheureuse plume coincée dans sa tignasse bouffante. D’un geste sec, elle tira. La douleur la fit tiquer, grincer des dents, puis elle s’empressa de fourrer cette maudite plume dans son sac en bandoulière. L’homme en noir la regardait, le visage curieusement immobile, les yeux curieusement animés d’une lueur flamboyante. Souny lui fit la grimace.

-Je joue à rien, bonhomme. À rien du tout. À quoi veux-tu que je joue?

La camionnette effectua un virage serré. L’ambulancier vérifia si l’état du patient était toujours stable. Quelque chose semblait le préoccuper, se douta Souny en apercevant sa moue crispée et absorbée. Haussant les épaules, elle s’étira vers le dit patient, lui retira le veston qu’il gardait toujours sous la tête, le remplaça pour un oreiller trônant près du lit et enfila prestement le vêtement. Voilà, c’était un peu mieux.

« Pauvres garçons, ils ne verront plus mes merveilles. »

Ils ont déjà suffisamment bavé pour aujourd’hui, il ne faudrait pas qu’ils meurent de déshydratation. Souny esquissa un simple sourire.

-Je fais que te suivre jusqu’aux urgences, pis quand je serais sûre que tout va bien dans le meilleur des mondes, j’vais prendre la poudre d’escampette. Voilà.

« À quoi veut-il que je joue? »

La voiture s’engagea dans le stationnement réservé aux ambulances. Les ambulanciers ouvrirent les portières et soulevèrent la civière du monsieur tout en noir au regard bizarre, la déposèrent au sol et la firent rouler jusqu’à une entrée. Souny, un peu désorientée, un peu perplexe, les suit docilement, les mains enfouies dans les poches, la langue mâchonnée par ses dents. Son attention à elle ne déviait jamais du grand maigre revêche, plusieurs questions semblèrent assaillir son pauvre esprit. Or, ces questions, elles les repoussa d’un haussement d’épaules désintéressé.

« On verra bien. »

Les médecins auscultèrent le patient, déterminant aucune cause susceptible d’avoir produit ce problème cardiaque. Ils conclurent que l’homme n’était pas en danger et qu’il pouvait se reposer dans une chambre de l’hôpital jusqu’à ce que les résultats des radios soient disponibles. Souny, soulagée d’entendre cette bonne nouvelle – elle pouvait ainsi repartir le cœur léger -, prit la direction de la chambre de l’individu.

« C’est con… j’pourrais me tirer, mais je suis encore là, à marcher vers cet imbécile au cœur fragile. »

-… prendre soin de votre cœur, monsieur… et de votre corps, disait un homme en sarreau blanc, se tenant près du lit du patient grognon. Bon, je vous laisse, je reviens vous voir avec les résultats de vos tests.

Le médecin sortit, mais avant il supplia Souny de prendre bien soin de son homme.

-C’est que euh…

« C’est pas mon homme… chiasse non! »

Mais le médecin était parti, la porte se refermait sur lui. Le croassement que Souny émit exprimait contrariété et confusion. Claquant sa langue contre son palais avec un agacement mal contenu, elle se détourna vers l’épouvantail et s’en approcha. Elle l’examina attentivement, considérant ce visage émacié, ces lèvres généreuses, ces petits yeux méfiants portant des lentilles de contact de couleur bleu pâle, cette peau immaculée, la richesse des vêtements. Non, elle ne pensait pas l’avoir vu quelque part auparavant… mais… ce type la chiffonnait.

-T’es qui, au juste?

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Raquel
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MessageSujet: Re: Boum Boum   Ven 13 Aoû - 10:16

    -Je joue à rien, bonhomme. À rien du tout. À quoi veux-tu que je joue?

    Elle grimace, à cause de la plume qu’elle vient de s’arracher. Arracher une plume de ses cheveux doit faire bien moins mal que d’en attraper une sur mes ailes et de tirer brutalement. L’essence même de l’ange se trouve dans ses ailes. Lui prendre un plume, c’est lui donner une pichenette sur les bourses. Très désagréable. Quoi qu’encore, personne ne se soit jamais risquer à faire cela. Je ne le ferais même pas. Je grimace à mon tour, détourne le regard. Elle ne peut pas être vous. Vous ne pouvez pas être en vie. Et si vous l’étiez, que feriez-vous à Paris ? Vous détestiez apprendre des langues. Vous auriez un accent particulièrement désagréable. Mais elle sent comme vous, sa présence est la même. Quel sale tour m’avez-vous préparé, amour ? Cette petite ne joue peut-être à rien mais vous … vous devez rire à vous en tenir les côtes.

    -Je fais que te suivre jusqu’aux urgences, pis quand je serais sûre que tout va bien dans le meilleur des mondes, j’vais prendre la poudre d’escampette. Voilà.

    Tant mieux. Oui, tant mieux. Mais j’ai l’étrange pressentiment que cela ne suffira pas à l’éloigner de moi. Un coup du destin comme celui-ci est rarement un coup porté dans l’eau. Paris est grande. Mais je la reverrai. À moins qu’elle ne meure. Mais c’est une hybride. Je n’ai jamais fais de mal à un hybride. Ça va à l’encontre du peu de principes que j’ai. Je ferme les yeux, contemple l’intérieur de mes paupières pour oublier ce qui se passe autour de moi. Cette jeune femme qui secoue sa généreuse poitrine dans le visage de l’ambulancier, qui discute comme si de rien était avec lui. Le trajet me semble interminable mais finalement, le véhicule s’arrête. Les portes s’ouvrent. Ma civière est traînée dehors. J’ouvre les yeux pour rencontrer le regard moqueur du soleil. Oh, ça va, hein ! J’ai bien déjà suffisamment de Nathanial et Francesca qui se moqueront de moi à mon retour. Car j’aurai besoin d’eux pour ficher le camp d’ici. Même le médecin en chef, m’accueillant dans une chambre, a refusé d’écouter mes protestations. Je ne suis pas malade, je vais bien. On ne peut mieux. Je suis en pleine forme. Je pourrais faire le tour de la terre sans m’arrêter. Mais l’activité de mon cœur le laisse perplexe. Il bat trop fort, trop rapidement, trop irrégulièrement. Je soupire, laisse tomber ma tête sur l’oreiller et les laisse faire leurs petits examens. Ils ne découvriront rien dans mon sang, ni dans ma pression. Rien sinon que je ne devrais probablement pas tenir debout. La constitution des anges n’est pas la même que celle d’un homme. Je le sais car j’ai du étudier les deux spécimens pour apprendre à les contrôler.

    Le médecin finit par sortir, enfin. Mais pas elle. Je grommelle, tourne la tête vers le mur. Mais elle se glisse entre lui et mon regard.

    -T’es qui, au juste?

    Je fixe sa taille, je n’ai pas envie de regarder ses yeux et de vous y trouver. J’essaie tantôt de me convaincre que c’est impossible, tantôt de me convaincre du contraire. Je n’ai jamais été très constant quand il était question de vous. Vous devez vous en rappeler, ma chère.

    -Raquel de Brackenheim. Rien qu’une âme parmi tant d’autres.

    Je lui épargne l’habituel discours qui vient avec cette question. C’est faux, bien sûr. Je ne suis pas une âme parmi tant d’autres. Le médecin qui m’a accueilli m’a reconnu, salué par mon nom avant que je ne lui sois présenté par le brancardier. Pour les hommes, je suis cet artiste et collectionneur de renom. Pour cette fille, bien sûr, je ne suis rien. Pour vous … J’ai gardé le même nom que j’avais pris, quand je vous ai rencontrée. Si c’était vous, j’aurais lu quelque chose dans son regard. Mais celui-ci est vide, ne contenant rien d’autre que des interrogations à mon égard.

    -Allez leur dire que j’ai besoin de passer un coup de fil. Après je n’aurai plus besoin de vous. Enfin … je n’ai jamais vraiment eu besoin de vous. Quelqu’un de censé viendra me sortir de cette situation.

    Je m’y trouve un peu à cause de vous …

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Souny Durocher

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MessageSujet: Re: Boum Boum   Jeu 30 Sep - 0:14

-Allez leur dire que j’ai besoin de passer un coup de fil. Après je n’aurai plus besoin de vous. Enfin … je n’ai jamais vraiment eu besoin de vous. Quelqu’un de censé viendra me sortir de cette situation.

Souny Durocher n’était pas dupe : le cœur de cet homme avait quelque chose d’anormal… de foutrement bizarre. Cette échalote blafarde pensait-elle que ces battements étaient le fruit de l’imagination de plusieurs personnes? Néanmoins, Souny réalisait bel et bien que ce… Rachel-ziel-twel de Brackmachin ne semblait pas tourmenté par des douleurs horribles à la poitrine… alors que tout à l’heure, sur le trottoir…

«Oh et puis, je m’en fiche. Qu’il se tape une crise ou pas, c’est pas de mes foutues affaires. »

La jeune fille enfouit ses mains dans les poches de son manteau de cuir usé, tâtonna un peu et parvint à retrouver son téléphone cellulaire qu’elle jeta sur le lit du patient. Ce dernier la considéra un moment d’un air interdit avant de daigner baisser son regard hautain et froid sur la petite boîte métallique.

-Utilise ça, l’grand, on sait tous les deux que les toubibs te laisseront pas sortir d’icitte aussi facilement.

L’individu étrange, aux allures de bourgeois raffiné, fronça ses maigres sourcils, maquillés ou réels Souny ne saurait le dire, mais n’amorça aucun mouvement pour saisir le mystérieux appareil. Recourant aux jurons vulgaires pour exprimer son agacement tout en fusillant la carcasse douteusement vivante, Souny s’avança, prit le cellulaire et l’activa.

-Tiens, l’grand, c’pas sorcier, tu composes ton numéro avec les tites touches pis t’appuies gentiment sur le bouton vert.

« Qu’est-ce que je fais ici, moi? J’devrais être à mon appart, préparer mon dîner, me taper un somme vite fait… puis bucher sur des patrons jusqu’à ce ma cervelle éclate… et non! Me voilà jouer à la baby-sitter pour un grand cave ingrat. »

Il faut quand même avouer que ce petit répit, ce contretemps dans l’horaire brisait la routine morne de Souny. C’en était même divertissant si l’on ignorait le silence dédaigneux et exécrable du patient, ainsi que ses airs indifférents et glacés à travers ses prunelles décolorées. Cet homme sombre, à la peau pâle et lisse, à la bouche généreuse et pincée, à la voix rauque et sévère, vêtu d’un ensemble riche et sobre à la fois détonait dans ce lit d’un blanc maladif, un cellulaire contre une oreille.

-Ne pose pas de questions. Préviens Nathanial et dit lui de venir me chercher immédiatement à l’hôpital, dit le Razkel de Braktruc, l’âme parmi tant d’autres.

Souny crut entendre un éclat de voix féminin provenir du combiné. Elle s’étonna que cet homme pouvait compter une femme dans son entourage… peut-être une mère, une femme, une sœur? D’un mouvement brusque, l’inconnu tendit l’appareil téléphonique à son propriétaire sans émettre un seul commentaire.

« Ses lèvres sont bien trop serrées pour ça. »

Il eut un silence qu’aucun des deux protagonistes cherchaient rompre, ce qui, concernant Souny, était un miracle en soi.

« J’aime parler, j’aime pas le silence, qu’est-ce qu’il y a de mal à ça? »

-Dis… tes yeux sont de quelle couleur?

Tu ne sais pas exactement pourquoi tu poses cette question, mais tu en ressens le besoin. Plus tu le dévisages, plus ses yeux t’hypnotisent. Tu t’imagines si le brun lui conviendrait mieux que le bleu, ou le gris ou le vert. Puis, tu supposes que la coloration de ses prunelles est sombre, d’un noir de jais, mais qu’il la dissimule sous des verres de contact disparates. L’importance de cette réponse te surprend, et même t’intrigue. Tous les deux, vous vous examinez soigneusement avec une certaine prudence, une retenue peut-être craintive qui pointe de ton côté. Le silence entre vous deux se prolonge, s’éternise jusqu’à ce que les lèvres de l’homme s’écartent difficilement afin de souffler une réponse. Cependant, la porte de la chambre s’ouvre et un jeune homme, en complet luxueux, fait son entrée d’une démarche soigneuse et gracieuse.

« Je l’ai déjà vu, celui-là… »

Celui-là même qui apparaissait à la télévision, le soir où ta charmante mère dévalisait ton mini-bar. Lorsqu’il remarque ta présence, il se fige, te scrute sous toutes les coutures, s’hérissant à ta vue. Il hume l’air, semble décontenancé et dégoûté par les odeurs que son nez fin d’italien capte. Non, Souny n’est pas dupe. La beauté du garçon, son attitude animale… son aura séductrice…

Décontractée, mais sur tes gardes, tu te détaches du mur et, les mains dans les poches, tu te diriges vers la porte.

-Bonne journée, Boum Boum, dit alors Souny à l’inconnu avant de glousser follement et de disparaître dans le couloir de l’hôpital.

« Avec le temps, j’ai appris à sentir venir les potentiels ennuis… et ceux deux gars-là… »

Elle entreprit de les cataloguer quelque part loin dans son esprit et d’oublier les évènements de cette journée. Pourtant, malgré ses efforts, ses nuits devinrent mouvementées, animées d’un cauchemar qui se répétait sans cesse, qui se renouvelait toujours en apportant des éléments nouveaux de plus en plus…

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MessageSujet: Re: Boum Boum   Mar 12 Oct - 19:21


    -Utilise ça, l’grand, on sait tous les deux que les toubibs te laisseront pas sortir d’icitte aussi facilement.

    En effet … je doute qu’ils consentent facilement à me laisser téléphone s’ils savent que c’est pour me tirer de ce damné lit de métal. Je grince des dents, jette un regard rempli de dédain sur cette petite machine. J’aurais préféré un vrai téléphone, de ceux auxquels je suis habitué et auxquels je consens quelque fois à toucher du bout du doigt. Celui-ci me répugne. Je vois tellement de gens parler dans la rue en marchant, en conduisant… Il n’y a plus moyen d’être tranquille dans un parc sans qu’une sonnerie désagréable – et fantaisiste et grotesque – ne se fasse entendre, stridente et dérangeante. La jeune fille, brusque dans ses gestes et ses paroles, s’approche de moi en bougonnant. M’explique comment tout cela fonctionne. Je la toise méchamment; je ne suis pas idiot. Je sais comment ces choses fonctionnent. Je rebute à y toucher, voilà tout … Je le prends tout de même délicatement lorsqu’elle me le tend et effectue ce qu’elle m’a indiqué et maugréant à mon tour.

    -Ne pose pas de questions. Préviens Nathanial et dit lui de venir me chercher immédiatement à l’hôpital, lance-je dès que j’entends la voix de Fran à l’autre bout du fil.

    Puis je raccroche en appuyant sur trois-quatre boutons au hasard avant de tendre l’appareil avec dédain vers sa propriétaire, la pressant de le reprendre. Le silence tombe sur la salle. Je devine qu’elle va rester ici jusqu’à ce que son remplaçant ne daigne se pointer. Pourvu que cet arrogant italien véreux ne tarde pas trop. Ça ne serait pas le temps pour lui de me faire attendre vainement. Je tourne la tête vers la petite fenêtre de ma chambre donnant sur un paysage tout à fait insignifiant dans cette grande ville qu’est Paris. Puis une question me surprend. « Dis… tes yeux sont de quelle couleur?[i] » Je me tourne vers elle, un sourcil froncé. De quelle couleur …

    -Pourquoi cette question ? Pourquoi maintenant ? Est-ce que cela vous intéresse vraiment, très chère ? Et me le demandez-vous vraiment ou le savez-vous ? J’aurais moi aussi mille questions à vous poser, jeune fille et pourtant je m’abst...

    Je m’interromps. La porte s’est ouverte et mon dévoué serviteur apparaît dans la chambre. Il pose à peine le regard sur moi qu’il aperçoit la jeune fille. À son regard, je devine toute la haine qu’il vous portait et semble même vous porter encore, vous qui ne lui avez rien fait directement pourtant, ma mie. La jeune fille hausse les épaules, comme si elle n’était pas affectée par ce regard haineux passée la première surprise. Elle enfonce les dans ses poches et se dirige vers la porte. « Bonne journée, Boum Boum. » Et elle glousse en disparaissant – enfin – de ma vue. Je me permets un soupir. Je ferme les yeux. J’entends mon ami de toujours s’avancer près du lit. Il ne tire pas de chaise à lui; il sait que j’ai demandé à Fran de faire vite et estime sans doute que de me faire attendre serait du suicide. J’approuve cette initiative.
    [i]-Boum, boum ?
    fait-il à voix basse.

    Je grimace.

    -Laissez faire cela, Nathanial. Écoutez-moi plutôt. Je n’ai pas envie de faire d’esclandre et de sortir d’ici en créant un scandale. Je suis revenu à Paris et mon nom sera bientôt partout dans les journaux à cause d’une exposition à venir. Ne me posez pas de questions maintenant. Si vous en avez, gardez-les pour plus tard ou gardez-les pour vous, ça vaudra encore mieux. Essayez d’aller rencontrer la direction et de la convaincre qu’ils n’ont aucune raison de me garder, que je me trouverai bien mieux le repos si je suis dans ma propre demeure que dans une chambre d’hôpital. Ils vous demanderont de vous porter garant de moi et vous feront sans doute signer des papiers pour ma sortie, vous donneront des recommandations. S’ils vous donnent entre les mains une ordonnance, prenez-la, pour leur donner l’impression que je suis un patient docile. Puis vous reviendrez la nuit venue pour récupérer les échantillons de sang qu’ils ont pris pour faire des analyses. Je ne crois pas qu’ils y trouveraient quoi que ce soit, mais j’imagine que vous préférez voir le sang de votre Maître bien géré dans votre … petit commerce … qu’entre les mains de médecins inconnus.

    Je laisse reposer ma tête sur l’oreiller. Il sait très bien à quel petit commerce je fais référence. Commerce que je n’approuve ni ne désapprouve. C’est son affaire. Qu’il se mette lui-même en danger s’il le veut … C’est lui mon protecteur, et pas le contraire.

    -Oh Nathanial … de quelle couleur sont mes yeux ?

    Je ne compte plus les années depuis la dernière fois où mon regard s’est arrêté sur un miroir.

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MessageSujet: Re: Boum Boum   Sam 18 Déc - 21:58

-Oh Nathanial… de quelle couleur sont mes yeux?

Je m’apprêtais à exécuter les ordres de mon Maître au moment où celui-ci m’interpella, le regard vague et pensif. Un instant, je l’observai silencieusement, longeant de mes yeux son profil tranchant et immobile. Je tendis lentement l’une de mes mains vers lui, lui pris le menton et l’incitai à me regarder.

-Verts. Ils sont verts. Vous avez les plus beaux que je connaisse, mon Maître. Ils ne sont ni ternes, ni trop éclatants, mais leur pureté révèle l’éclat de votre personnalité et de votre nature angélique.

Je souris tristement, suivant du doigt la courbe généreuse de ses lèvres. Puis, ma main voltigea en direction de ses yeux, qu’elle frôla doucement et tendrement.

-Ce furent ces deux joyaux que je distinguai pour la première fois lors de mon retour à la vie. D’abord, tout était noir et glauque, puis deux lumières se profilèrent à l’horizon et m’extirpèrent de l’horreur et de la mort.

Rares sont les individus réalisant la beauté véritable qui se dissimule sous ces traits squelettiques et tourmentés. Raquel lui-même ignore son charme. Seulement, moi je le remarquai. Je le remarquai le jour où il me délivra de mon destin funeste et qu’il consentit à me partager sa vie solitaire et sombre. Je me souviens que le personnage m’impressionnait, m’inspirait à la fois de la crainte et de l’émerveillement. Son vécu me passionnait, son futur me bouleversait, sa peine et sa rage fusionnaient avec ma faim et mon ambition. Je ferai tout pour cet homme, même si cela le mènerait à me détester, à me massacrer.

-Vous devriez vous en souvenir à l’avenir. Ils sont verts. Bon, je vais vous sortir de ce mauvais pas.

Je me détournai, mais me ravisai. Mon corps était tendu, réagissant à la fureur qui, tout à coup, était revenue bien plus puissante et vorace. Le visage de la jeune fille raviva des douleurs que je croyais disparues, ou du moins cicatrisées.

-Je croyais qu’elle était morte, vous aviez dit qu’elle était morte. Pourtant, vous ne mentez jamais. Comment se fait-il qu’elle soit… ici?

Ce n’était pas Elle, mais l’inconnue lui ressemblait étrangement quoiqu’elle était plus ronde, plus costaude, accoutrée de bien étrange façon. Un regard en direction de mon Maître m’apprit qu’il se posait la même question, et qu’il en était plus ébranlé que moi. Ce qui me fit frémir d’horreur. Raquel parvenait misérablement à reprendre le dessus sur ses émotions, à reconquérir l’homme qu’il était autrefois avec de La rencontrer. Je n’avais nul désir de voir cette fille saboter ces quatre cent ans d’efforts douloureux.

-Peut-être vaudrait-il mieux que je vous en débarrasse. Dans le cas contraire, peut-être que la jeune fille deviendrait… une tentation. Et compte-tenu de sa race, vous ne pouvez vous en occuper vous-même. Pensez-y, je vais aller m’entretenir avec le directeur de cet hôpital.

Le directeur s’avéra possédait une poitrine fort généreuse et un entrejambe, ma foi, agréablement féminin. C’était une petite femme mince au sourire engageant, au regard fiévreux, à la voix sensuelle qui murmurait mon nom si délicatement lors de l’orgasme que je la trouvai mignonne. Au final, elle m’autorisa à reconduire le célèbre patient à sa demeure avec la promesse de bien m’occuper de lui. Je lui répondis par un sourire enjôleur. Avant de quitter le bureau, je me recoiffai rapidement devant la glace, la salua chaleureusement d’un baiser sur la main et me dirigea d’un pas alerte vers la chambre de mon Maître que j’imaginais s’impatienter.

-Vous pouvez partir sur le champ. Cependant, une infirmière viendra nous porter des médicaments et une chaise roulante.

Le regard de mon Maître était éloquent.

-Ne me regardez pas comme ça, dis-je en haussant les épaules. La directrice a eu la délicatesse de se plier à vos caprices, mais vous n’échapperez pas à la chaise roulante, que je pousserai jusqu’à la voiture.

L’expression de mon Maître se rembrunissait à vue d’œil alors qu’une jolie et langoureuse infirmière pénétrait dans la pièce et m’expliquait l’importance que le pauvre patient prenne ses médicaments à tous les jours, et ce, pendant quelques temps. Je souris, acquiesçai. La femme papillonna des paupières et tendait irrémédiablement ses lèvres pulpeuses vers moi. À travers sa chair pâle, je distinguai clairement ses veines palpiter, son sang affluer vers son cœur qui battait à la chamade. Le grondement bestial qui résonnait à l’intérieur de moi exprimait l’immensité de ma faim. Subtilement, je lançai un regard en direction de mon Maître qui nous dévisageait puis allai verrouiller la porte de la chambre… avant de d’engloutir chair, organes et os aussi rapidement que possible.

-Je crois que la chaise roulante est demeurée dans le corridor, êtes-vous suffisamment assez fort pour marcher, ou dois-je rouler sa Seigneurie jusqu’au carrosse?

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